C’est la seule chose qu’on puisse faire gratuitement et facilement depuis chez soi – ou un/e ami/e aidera.
On y insiste parce qu’on y voit une lumière particulière : s’il est quelque chose dont les sociétés libérales disposent, c’est d’un surcroît d’énergie et de matériel, donc de puissance de calcul et de bande passante.
Qui, alors que nous sommes en guerre, nous servent à regarder des shorts.
L’agression russe a également été violente sur le front numérique. En réponse, en février 22, le ministre ukrainien en charge (Fedorov) a lancé un appel aux armes.
L’appel a été entendu et pour la première fois de l’Histoire une force cybernétique volontaire, formée d’experts comme de novices, a spontanément émergé : l’IT Army of Ukraine.
On est dimanche dernier.
Parmi d’autres process silencieux, l’application de l’IT Army tourne paisiblement sur votre ordinateur. Il ne se passe rien.
Simultanément, très, très loin de là, les serveurs de Rostelecom cessent de fonctionner [Rostelecom joue un rôle clef dans l'infrastructure et l’offre télécom de l’agresseur].
Alors, ces deux faits auraient été liés.
Infimement mais réellement liés, avec vous du côté de la cause.
Vous auriez participé avec des milliers d’autres à la mise h.s. (malheureusement temporaire mais toujours bonne à prendre) du monstre des télécoms ruszes. Et donc à la déconnexion forcée de divers nuisibles – politiques, économiques ou militaires – comme au mécontentement populaire, indispensable puisqu’il ne faut pas que les Russes aient la guerre trop facile.
Résultat : vous auriez (avant tout) fait quoi ?
La guerre ? de la géopolitique… ? justice… ? défendu votre droit naturel ? le canapé ou le bureau depuis lequel vous participez à des cyberopérations ?
A vous d’en juger. Mais dans tous les cas vous auriez, dans ce conflit qui fera notre avenir à tous, pris facilement votre minuscule part et agi plutôt qu’attendu et regardé faire les méchants de l’Histoire.
Et dans toutes les histoires il y a un moment où c’est le moment.
On veut mettre h.s. des cibles stratégiques comme des sites gouvernementaux, banques, médias et autres services névralgiques. Cela induit des dommages économiques parfois considérables, des problèmes logistiques et tactiques d’un point de vue militaire-même et agace l’arrière russe.
PROCÉDÉ : l’IT Army orchestre des concentrations de trafic parasite (attaques DDoS) qui inondent/saturent/surchargent les cibles de requêtes inutiles pour les rendre temporairement inopérants.
Chaque flux utilisateur (nous) nourrit la rigole, qui nourrit le ruisselet, qui nourrit le ruisseau, qui nourrit la rivière, qui nourrit le fleuve qui monte brutalement, inonde les terres et les rend temporairement inexploitables – non sans quelques dégâts plus en moins importants – puis l’eau s’évapore.
Et voilà… :)p
DE NOTRE CÔTÉ, pour commencer : ce “kit” est mieux qu’un kit (en français) puisqu’il n’y a absolument rien à monter. C’est une application, qui tourne sur Windows, MacOS et Linux.
➢ Elle ne réclame aucune compétence informatique.
➢ Pour votre tranquillité d’esprit, un VPN sérieux (très souhaitable en général) fera l’affaire.
➢ Son code, sa qualité et bienveillance sont scrutés de l’extérieur et d’extrêmement près.
➢ Votre part du travail est presque nulle : installer le kit et le laisser tourner le plus possible. Le module mouline silencieusement sur votre poste et produit son petit flux de données…. c’est notre rigole, dont le flux entrera dans le fleuve.
Et voilà. :D
◜ Dans la rubrique “terribles menaces et affreux périls”, vous subirez votre voisine ou un expert de passage qui vous diront le pire ; dans les faits : il ne se passera évidemment rien.
Pour l’intérieur, on veut voir Paris, Berlin ou n’importe quelle capitale européenne condamner qui que ce soit ne serait-ce qu’à une amende (qui vous honorerait) pour la connexion à de simples DDoS contre les organes d’une Nation criminelle et ennemie.
Côté extérieur et s’agissant de ceci, Moscou se foutra toujours de votre existence – il est plus occupé par le vote de votre voisine. Par ailleurs pour l’ennemi vous vous trouvez, en termes de flux autant que de responsabilité, littéralement noyé dans la multitude.
IT Army of Ukraine : site web _ telegram _ wikipedia anglais
- BBC News - 23.04 - Meet the hacker armies on Ukraine's cyber front line
- Cepa - 23.11 - Ukraine’s Volunteer IT Army Confronts Tech, Legal Challenges
- Conversation (The) - 22.02 - Ukraine: how cyber-attacks became so important to theconflict
- CSIS - 23.08 - The IT Army of Ukraine
- CyberNews - 23.11 - IT Army of Ukraine hacked Gazprom’s archive
- CyberScoop - 22.02 - Research questions potentially dangerous implications of Ukraine’s IT Army
- Engelsberg Ideas - 23.04 - Hacktivism’s Cold War Turns Hot
- European Journal of International Law - 22.03 - Ukranian ‘IT Army’: A Cyber Levée en Masse or Civilians Directly Participating in Hostilities?
- Foreign Policy - 22.04 - Don’t Underestimate Ukraine’s Volunteer Hackers
- Guardian - 22.03 - Amateur hackers warned against joining Ukraine’s ‘IT army’
- LawFare - 23.06 - The Dynamics of the Ukrainian IT Army’s Campaign in Russia
- Lieber Institute, Articles of War - 23.05 - The Status of Ukraine's "IT Army" Under the Law of Conflict
- Radware - 24.02 - The democratization of ddos attacks: Insights from the IT Army of Ukraine’s cybercampaign
- SecuritAffairs - 23.10 - IT Army of Ukraine disrupted internet providers in territories occupied by Russia
- Techmonitor - 23.09 - Ukraine’s IT Army hacktivists disrupt Russian airlines with brutal DDoS cyberattack
- The Record - 23.10 - Ukrainian hackers disrupt internet providers in Russia-occupied territories - 24.04 - How Ukraine’s volunteer hackers have created a ‘coordinated machine’ around low-level attacks
- Wired.co.uk - 22.02 - Ukraine’s Volunteer ‘IT Army’ Is Hacking in Uncharted Territory
- YahooNews - 23.05 - Russia, once considered a top force in cyberspace, now being mocked by world's best hackers
Vous pouvez en signaler d’autres ; on vous en remercie d’avance.
notes
L’apparence du site est assez déroutante.
Au cas où vous risqueriez de le manquer, il y a un petit menu à gauche. Mais il ne nous sert pratiquement à rien, puisqu’en ukrainien.
Peu importe : l’essentiel (les “instructions“ du kit) est en anglais – donc nous pouvons faire : il n’y a qu’à l’installer et le voir tourner. Mais s’intéresser aux rares réglages est intéressant aussi.
Macusers : il y a une petite astuce à mettre en œuvre, selon l’architecture. Ici, la traduction.